à la rencontre du pixel art
Si vous aimez jouer aux lego TM, que vous adorez l’infographie, que votre vrai père s’appelle Mario Bros et que votre petite amie a une tête anguleuse, vous adorerez le pixel art. Si vous n’avez rien de tout cela mais que vos appréciez l’œuvre des peintres de la renaissance, le pixel art, c’est aussi pour vous.
Le pixel art, c’est quoi?
Cela consiste à dessiner pixel par pixel des paysages ou des portraits, en vue isométrique (généralement ) soit frontale (occasionnellement). Ces paysages sont souvent urbains, pop et trendy, et le soin du détail de cette technique permet que ces fresques des temps modernes soient souvent remplies de gags, d’anecdotes ou de détails pittoresques invitant à une immersion dans une histoire étalée telle une fresque devant vos yeux, figée et pourtant vibrante de vie.
Pixel par pixel? Vraiment?
Lorsqu’on regarde une œuvre en pixel art, on a presque mal pour l’artiste: tant de détails, tant de pixels délicatement déposés un à un, cela représente des heures, voire des jours passés devant l’écran à aligner les blocs (non, non, pas comme Tetris).
Que l’on se rassure pourtant pour ces graphistes de l’extrême™ : d’abord, la pratique est addictive parce que profondément amusante et immersive: un peu comme le jeu vidéo dont elle est issue. Sauf qu’au terme du travail, vous aurez produit quelque chose que les masses populaires pourront apprécier sans même connaitre votre jeu.
Ensuite, il existe évidemment des techniques permettant de gagner du temps. Par exemple une fois qu’on a créé un élément, on le réutilise en faisant varier sa couleur: en jouant sur la distance il faut un œil entrainé pour remarquer la similitude, d’autant que la technique n’a rien de choquant, la plupart des objets de notre vie moderne étant produits à des millions d’exemplaires, il n’est pas rare de, par exemple, croiser deux voitures pareilles en ville.
L’artiste va donc peu à peu établir une bibliothèque d’éléments constituant finalement une sorte de vocabulaire graphique, son langage, par lequel il raconte des histoires.
Le style: rétro = branché, surtout sur l’iphone
S’il est bien un device qui symbolise à la fois le style fashion et la modernité, c’est l’iPhone, qui doit son succès en grande partie parce qu’il contribue à faire de son propriétaire une personne branchée – au propre, comme au figuré.
Or, l’iphone, hébergeant applications audiovisuelles et jeux, impose de sévères contraintes techniques qui font que le pixel art, faible en ressources (pas de transparence, interface 2D) est un bon choix technique pour l’iphone.
Idem sur le plan graphique: le pixel art représente à l’infographie ce que le vintage est à la photo ou au cinéma: la coolitude du style retro. Du coup, on trouve de plus en plus d’applications et jeux sur iphone en pixel art.
Meet the pope: Eboy
La référence du pixel art, c’est Eboy, un collectif créé en 1997 et composé de 3 artistes: Kai Vermehr, Steffen Sauerteig et Svend Smital, basé à Berlin (DE) et Vancouver (CA). Leurs illustrations complexes existent sous forme de posters, T-shirts, souvenirs, et sont exposées dans des galeries dans le monde entier. Leurs clients? Adidas, Adobe, Coca-Cola, Diesel, DKNY, Nike, des magazines tels que The Guardian (UK), Times, RollingStone et bien d’autres noms encore. De grosses pointures, quoi.
FixPix: jeu pixel art sur iPhone
L’envie d’écrire cet article a surgi lorsque j’ai appris la sortie du jeu FixPix sur iPhone immergeant le joueur dans un univers en pixel art, réalisé par Delicious Toys en collaboration avec le collectif Eboy.
Mais il en existe d’autres, dont cette trouvaille de dernière minute: The Incident.
Pixel art web design
Shaun Inman est probablement l’un des web designers américains les plus hypé (si vous me passez l’expression). Il a récemment redesigné son site en utilisant le pixel art. Yummee!
Le pixel art à l’ HEAJ
Vu le temps que le pixel art demande, ce n’est pas exactement une technique fort prisée par les étudiants. Néanmoins, à l’Ecole Supérieure d’Infographie, certains étudiants (du moins ceux qui ont une copine à mâchoire carrée) ont choisi cette technique pour des travaux statiques ou interactifs.
Voici le mini-site pixLart dédié au pixel art (tiens, quelle bonne idée :) ) réalisé par Raphaël Larrinaga, 2TID1. C’est un work-in-progress (comme indiqué dans la fresque).
En savoir plus

4 Billion Horsemen par
Comme nos quatre amis ci-dessus, galopez lire également:
- Des tutoriels par le talentueux hollandais Arjan Westerdiep (drububu.com)
- Qu’est-ce que le pixel art: le pixel art expliqué avec d’autres mots sur terrapixela.com
- Orange label: une boîte qui revendique (notamment) le pixel art dans sa panoplie graphique


Pour ceux qui veulent, il y a d'autres liens dans mon travail (mais je suppose que les interessés l'auront vu). Raph.
Voir aussi http://www.BlockHeadPix.com